Présentation de la cavité - Historique des explorations - Topographie générale - Dernières découvertes - Chantiers en cours


Présentation de la cavité

Nous reprendrons de façon succincte la description détaillée parue dans Spelunca en 1986. On peut scinder la cavité en quatre grands secteurs : la zone d’entrée, le collecteur, le réseau Pourri, et le Réseau Alain.


1. La zone d’entrée jusqu'au débouché dans le collecteur (environ 1330 m).
En général, on ne s'y attarde pas ! Une progression rapide et une descente sur un éboulis mène au point bas (- 9 m) dans lequel on ne retrouve que quelques flaques d'eau en étiage. Le piège est là... Quelques mètres avant le siphon permanent, un boyau remontant bien ventilé débouche dans la galerie du Métro. Après 150 m vers le nord et un petit passage bas, cette galerie débouche dans le Collecteur.


2. Le collecteur jusqu'au confluent entre le réseau Alain et le réseau Pourri (environ 5000 m).
On peut remonter la Grande Rivière sur 250 m jusqu'à un siphon dans une galerie de 10 x 10 m de section. Des pertes en rive gauche drainent l'eau jusqu'à un siphon aval ensablé. Une escalade de 4 m suit le même côté mène d'une part au Grenier, vaste salle de 60 x 30 m sans continuation visible, et d'autre part au Nouveau Réseau, affluent exploré en 1995, où se succèdent voûtes mouillantes et trémies mais aussi beaux tronçons de galeries sur près de 2 km.
Au niveau du siphon amont, une très vaste galerie fossile (largeur moyenne de 20 à 30 m et hauteur de 10 à 15 m) développe 700 m dans d'énormes éboulis, avant de retrouver le cours actif par un puits de 17 m, et plus loin une cascade de cinq mètres. On peut suivre la rivière (réseau inférieur) vers l'aval sur 400 m (canot obligatoire, ou natation...). Vers l'amont à partir de la cascade de cinq mètres, la rivière s'écoule dans une galerie d'une vingtaine de mètres de largeur pour 30 m de hauteur, jusqu’au confluent.


3. Le réseau Pourri du confluent à l'extrême amont : environ 4300 m.
Il débute par la galerie du Bénitier, vaste conduit semi-fossile et ébouleux, butant sur une trémie à 300 m du confluent. Perpendiculairement, la galerie du Gypse s'achève sur « l'attendrisseur », étroit boyau imposant un ramping de 100 mètres sur de la calcite... On débouche alors dans le réseau Pourri, galerie ébouleuse et régulière de 10 x 5 m de section moyenne, parcourue par un ruisseau. Au bout de 700 m environ, la section diminue : c'est la galerie du Bout du Monde, qui s'achève actuellement 450 m plus loin sur des cheminées dont l'escalade n'est pas achevée. Nous sommes à 3250 m de l'entrée.
Avant le départ de la galerie du Bout du Monde, une cheminée donne accès à des galeries fossiles : la Faille Oblique vers le sud, et l’Automne à Pékin vers le nord. Cette dernière se termine sur une trémie, point haut du réseau à +91 m par rapport à l’entrée.


4. Le réseau Alain : 4870 m topographiés.
C’est de là qu’arrive le plus gros du débit. On marche presque en permanence dans le lit sablonneux du ruisseau ; la galerie a une section moyenne de 5 x 10 m. Une série de couches est court-circuitée par la galerie de la Neige, conduit fossile dont les parois sont partiellement recouvertes de gypse et de mondmilch. Le cours actif bute vers l’amont sur une trémie réputée infranchissable. À cette extrémité (2800 m de l’entrée), un passage étroit donne accès à un enchevêtrement de galeries fossiles et actives : le réseau Supérieur. Certaines sont particulièrement bien concrétionnées et constituent souvent l’objectif de la visite.


Historique des explorations

C'est en 1966 que le Groupe Spéléologique Jurassien désobstrue l'important éboulis du porche d'entrée. Dès l'année suivante, un arrêté municipal réserve l'accès de cette cavité à ce seul club, qui ne publiera jamais les résultats de ses explorations. La Borne aux Cassots restera une grotte « mythique » et secrète pendant près de vingt ans, jusqu'en 1985, année où les négociations conduites par le Comité Départemental de Spéléologie du Jura aboutiront à une autorisation d'accès pour tous les spéléos fédérés. La topographie est rapidement refaite, publiée dans Spelunca dès 1986. Plusieurs kilomètres de première sont réalisés, notamment et 1994.
Pour des motifs de relations avec la municipalité, une porte subsiste à l'entrée, et l'accès - soumis à une convention avec le CDS du Jura - reste possible aux fédérés sur simple demande à ce même CDS.


Topographie générale

topobac1 Aventures au Réseau Ouest


Dernières découvertes

Avant propos

Parmi les nombreuses énigmes disséminées à la Borne aux Cassots, l’une d’elle plus que les autres à toujours interpellée les passionnés de cette cavité, je veux parler du Grenier.
Combien d’essais, théories, hypothèses ont ainsi été émis à propos de la formation de ce vide à l’écart de tout réseau connu.
Un faisceau d’indices semble converger vers une origine commune avec le mythique Réseau Ouest, ce système jusqu’alors imaginaire présent en filigrane dans la mémoire de deux générations de spéléologues « cassotistes ».
Ancienne alimentation provenant du Nouveau Réseau (C.D.S Info n° 227). Suite de la Galerie des Étoiles (C.D.S Info n° 223). Connexion avec la grotte des Eaux Fines (C.D.S n° 227). Relation avec le Siphon Damoclès (courriels de Michel, mai et septembre 2009). Sans oublier les départs ou arrivées colmatés en rive droite de la Galerie de la Grande Rivière. Pouvons-nous raisonnablement rattacher tous ces éléments afin de les faire coller au mieux à notre théorie ?

Avec la découverte de nouveaux prolongements dans cette partie de la cavité, le voile du mystère va-t-il être enfin levé ? Pouvons-nous seulement espérer enfin tutoyer le concret passant ainsi du mythe à la réalité ? Seule la poursuite des explorations dans ce secteur nous fournira une explication rationnelle ou ne donnera qu’un indice de plus.

À l’aube de cette fabuleuse aventure l’on se rend bien compte que ce que nous connaissons ou croyons connaitre sur la formation ou l’étendue de cette formidable cavité est vraiment infime. Chaque découverte nous ouvrant de nouvelles hypothèses et donc de belles occasions de rêver. Mais revenons à ce qui nous amène aujourd’hui : la révélation de la Galerie des Tétines.


Inspiration

Boyau d'accèsFace à la galerie d’entrée au Grenier, de l’autre côté de ce grand vide, s’ouvre dans la paroi une courte et étroite diaclase. Explorée et topographiée par le G.S.J en 1975 elle n’est reconnue que sur 19 m, l’exploration venant butter sur une trémie infranchissable. L’accès très délicat vers ce départ sans techniques spécifiques – corniche argileuse accrochée à une paroi pourrie suivi d’une escalade dans un dièdre tout aussi mal au point – ainsi que le fait établi du peu de possibilités apparentes de continuation ont sans doute contribué à la rareté des passages spéléologiques.

En mai 2014 Manu du S.C.L entreprend l’escalade et la visite de ce boyau suspendu oublié dans la mémoire collective.

Boyau d'accès

Au-dessus du videÀ son tour il fait connaissance avec les étroitures et la trémie terminale mais il est surpris de constater un net courant d’air venant de la Salle du Grenier pour s’engouffrer entre les blocs de l’effondrement. Très étrange ce courant d’air et pas vraiment logique si l’on s’appuie sur les maigres connaissances que nous avons de ce secteur. En effet ce devrait être le contraire, l’air froid dégoulinant dans le Grenier sauf si plus loin il y a un vide plus important et plus bas.
Il n’en faut pas plus pour déclencher l’enthousiasme d’une suite possible. Le 22 juin 2014 un inter club formé d’Emmanuel Baud pour le S.C.L ; Jean-Noël Outhier et Jean-Claude Salmon pour l’A.S.P.P s’attaquent à cette difficile désobstruction.
En fin de journée ils franchissent l’obstacle et stoppent au dessus d’un net élargissement qu’ils surplombent de 6 m environ.
Voici le récit que fait Manu de ce mémorable jour :

Au dessus du vide

 

Dimanche 22 juin 2014

Objectif du jour : améliorer le gabarit de la faille du Grenier et surtout négocier la petite trémie qui nous barre le passage dans le méandre 20m après l'escalade (ancien terminus du GSJ exploré et topographié en 1975).

Après avoir descellé des blocs au sol dans le boyau juste après l'escalade, nous poursuivons ensuite les travaux dans la trémie. Jeannot à l'attaque en plein courant d'air divise, scinde, éclate les gros cailloux qui peuvent ensuite être tirés à bout de bras et insinués à travers l'étroiture.

La trémie étant vidée, 2m plus loin il faut employer de plus gros moyens pour agrandir le méandre, je m'y colle relayé ensuite par Jeannot tandis qu'Angou en fidèle compagnon continue son dur labeur d'extracteur de blocs parfois bien (trop?) lourds.

Le méandre est agrandi assez rapidement à notre surprise et la suite est devant nous tout droit, en plein courant d'air ce qui attise notre envie. Jeannot ouvre la voie mais 6m plus loin le méandre qui semblait filer tout droit se pince irrémédiablement. A droite un surcreusement est peut-être la suite ? Et bien non.

Les yeux de Jeannot s'allument, la tête bouge dans tous les sens cherchant la suite au milieu du courant d'air tourbillonnant . . . tourbillonnant ? Jeannot à les pieds sur un tas de blocs dont certains ont été poussés lors de la désob la suite semblant droit devant. Cette suite sera sous ses pieds où le courant d'air descend au travers d'une petite trémie.

Le plus gros bloc au sol est de nouveau scindé par Jeannot qui peut descendre d'1m50, un petit passage est visible entre la paroi de gauche et un gros bloc de la trémie.

Je jette un œil et pense pouvoir passer non sans quelques hésitations car plus loin le méandre est très étroit et je ne pourrais peut-être pas me retourner.

L'appel de la première a raison de ma conscience et je fonce droit devant dans un méandre étroit, bas et encombré de blocs. 8m plus loin 2 gros blocs barrent le passage mais derrière c'est plus grand. Il faudra revenir dégager ces cailloux mais avant cela il faut encore agrandir bon nombre de passages donc ça ne sera pas pour aujourd'hui, zut.

C'est au moment où je m'apprête à renoncer et à faire marche arrière qu'un des 2 blocs semble bouger, j'essaye de le déloger mais il est trop lourd à bout de bras dans l'étroiture, tiens l'autre bloc bouge aussi ! Très énervé je parviens simplement à mettre les blocs dans une autre position, à l'horizontale, me laissant ainsi un passage à plat ventre.

Passé l'étroiture je me retrouve debout, le méandre continue tout droit mais il est rapidement colmaté par de l'argile sèche.

A ma droite une lucarne m'ouvre un passage vers la suite, un dédoublement du méandre.

A gauche celui-ci est rapidement colmaté comme son jumeau mais à droite il descend légèrement et débouche au sommet d'une vaste galerie, début de salle ?

Une petite descente en sécurité me permet d'apprécier un volume de 10m de long, 4m de large et 7m de haut mais je ne peux descendre plus bas sans corde et je n'en vois donc pas plus. Je retourne à l'étroiture, Jeannot me demande des nouvelles, je lui réponds de venir, je les attends. Après avoir élargi l'étroiture de la trémie, Jeannot me rejoint et découvre la suite, pour lui il est trop dangereux de tenter la désescalade sans corde, on reviendra donc.

Sur le chemin du retour quelques élargissements sont encore effectués et Jeannot très « énervé » réduit encore quelques cailloux pendant qu'Angou va admirer la suite qui s'offre à nous. La remontée du petit puits et la sortie de l'étroiture vers le Grenier restent pénibles avec de gros kits bien chargés, des élargissements seront à prévoir.

Suite au prochain épisode.

Manu


La Galerie des Tétines

Samedi 28 juin 2014

Participants : Jean-No (A.S.P.P) ; Johan, J.P, Manu, Vout² (S.C.L).

Ce jour, nous avons rendez-vous avec l’aventure en bas de cette petite verticale. Avant cela ; il a fallu négocier quelques beaux rétrécissements de tout calibre.

D’abord juste après l’escalade équipée d’une main courante et d’une échelle souple, un court boyau à franchir sur le côté que l’on préfère. Pour moi pas de choix possible, je verrouille alors mon bras droit le long du corps et repte difficilement pour sortir du passage. Ensuite cet un puits où l’on se laisse glisser joyeusement en expiration. Je prévois une remontée bien moins ludique.
Juste après nous prenons pieds sur un lit d’éboulis divers coincé dans la diaclase. C’est aussi plus large et quelques mètres plus loin c’était l’arrêt G.S.J 1975. Au travers de la trémie un passage étroit certes mais sans grande difficulté. Est-ce la fin de nos tourments ? Eh bien non ! Entre la paroi et un énorme bloc soutenant toute la trémie, une boite à lettre verticale plongeante s’ouvre sous nos pieds. Je recherche longuement l’astuce qui me permettra de passer du premier coup. Je n’ai pas droit à l’erreur, si je coince inutile de compter sur un seul bras pour remonter. Je trouve enfin la clé et passe comme un gros bébé bien lourdaud au grand soulagement de J.P.
Après tout cela l’on peut dans un élargissement replacer le baudrier qui à perfidement glissé sur les bottes. À cet endroit nous retrouvons une diaclase parallèle par l’intermédiaire d’une grande lucarne.

Tout devant, Johan termine l’équipement de la verticale entrevue par la dernière expédition. À l’approche de l’inconnu une irrésistible frénésie nous gagne. Comme il nous semble long cet équipement ! Trop long ! Ça y est enfin et après une brève séance de politesses :
- « Vas-y toi tu l’as mérité ».
- « Non, pas plus que toi qui a bossé dessus ».
- « Moi je dis que c’est plutôt Manu qui a découvert le truc »…
On se met tous d’accord pour s’attendre en bas du puits sans que l’un fasse un pas de plus dans l’inconnu. C’est curieux cette sorte de prémonition générale. Pourquoi ressentons nous à cet instant que cette première sera exceptionnelle ?

Nous prenons pieds dans un honorable vide parsemé de quelques blocs effondrés recouverts d’une mince couche d’argile exempte de toutes traces humaine. À ces premiers indices si fragiles nous en concluons que : pas de doute, nous sommes bien les premiers.
De part et d’autre de notre point de descente s’ouvre devant des spéléos exaltés une galerie aux belles proportions. Jusqu’où cela va nous mener, c’est la question qui nous interpelle tous. Mais une chose semble certaine, avec de tels dimensions de départ cela ne peut pas s’arrêter tout de suite, c’est impossible. Il est vrai que personnellement je m’attendais à rencontrer quelque chose plus dans le genre boyaux du Nouveau Réseau.
Au sol des vagues argileuses mien marquées témoins d’une circulation d’eau plus ou moins récente nous indiquent un aval et un amont. Ce dernier semble moins intéressant que son pendant. C’est donc naturellement que nous nous dirigeons vers l’aval. La galerie file droit devant avec une section plus que correcte, trois à quatre mètres de large sur autant de haut.

Topographie dans l'avalD’abord hésitant à fouler ce sol vierge, nous nous faisons des courtoisies à qui passera devant.
Nous évoluons dans une galerie autrefois très concrétionnée mais pour une raison que pour l’instant nous ignorons ce féérique paysage et recouvert d’une argile de dépôt de crue. Tout est donc d’une couleur uniforme, les belles coulées et autre concrétions ont perdu de leur superbe. Une question : ennoiement ponctuel ou exceptionnel ?

Topographie dans l'aval

Au fur et à mesure de notre avance les premiers filent pendant que les seconds s’extasient. J.P tout à la fin cliche à tout va et cherche sans doute ses premières petites bêtes. Nous passons ensuite dans un système de diaclases perpendiculaires. Bel exemple de fracturation en baïonnette.
Le passage de l’eau pour l’instant absent, a creusé un profond chenal sur 60-70 cm de haut dans un remplissage argileux occupant toute la largeur de la galerie. De larges banquettes et de remarquables talus d’argile nous offrent un paysage vierge. Pour les préserver nous progressons dans le creux de l’antique lit.

De l’ample couloir nous passons à de hautes diaclases, classique dans ce système de formation. À un certain moment de notre progression, nous remarquons qu’autrefois existait un gour important. Les marques calcifiées de niveau ainsi que les concrétionnements en pompon trempant dans l’eau, ne laissent aucun doute, eux aussi tous recouverts d’argile.
Nouveau changement de direction pour retrouver une large galerie aussitôt terminée par un effondrement où se défile le courant d’air toujours aussi présent. Si tel est le cas ce ne doit pas être bien bouché. Les blocs en équilibre n’incitent pas pour l’instant à une désobstruction en règle. Au sol des ouvertures de soutirage sous-jacent s’ouvrent sous nos pieds.
Peu avant cet affaissement Manu tente une escalade dans une cheminée où se perd le faisceau de la Scurion. Là aussi, sans matériel spécifique inutile de tenter le diable. Et puis il y a l’autre branche à explorer.

Les TétinesDemi-tour donc et retour à la corde. Toujours aussi excités, nous nous enfilons dans cette galerie bien plus petite de section que la précédente. Nous trouvons des gours recouvert d’argile et de beaux exemples de concrétionnement, en particulier deux stalactites jumelles aux formes sans ambages pour notre J.P. C’est donc dit ; ce sera la Galerie des Tétines.

Les Tétines

Rapidement le plafond s’abaisse et plonge vers une sorte de siphon à sec mais aux parois très argileuses. Entre le sol et le plafond une partie laissée libre bien trop étroite pour nous laisser le passage par lequel la grotte nous souffle son haleine d’aventure.
Pas de doute la suite est ici mais il faudra un peu travailler l’agrandissement du pertuis. Pour l’instant nous avons déjà pas mal à faire avec les relevés topographiques, impatients que nous sommes de découvrir dans quelles directions ce réseau développe ses galeries.

Cela donnera 172 m de nouveaux prolongements découverts depuis l’arrêt de 1975. Restes la poursuite des explorations aux deux extrémités ce qui dans un optimisme général, ne devrait pas poser trop de problèmes.
Ceci fait ce sera retour au soleil et arrosage en règle au crémant comme il ce doit alors que là bas, dans les galeries, toujours souffle le courant d’air.

En conclusion momentanée ; c’est une belle aventure et de plus partagée avec des amis ce qui est encore plus agréable. Également une preuve s’il en est que la Borne aux Cassots offre un potentiel encore important de découvertes pour peu que l’on s’en donne la peine.


Vers de nouveaux horizons :
La galerie Kit Kata Galerie des Tétines

Dimanche 06 juillet 2014

Participants : Jean-Noël Outhier dit Jean-No, Jean-Marc Frey, Sylvain Michaud, Katiana Messerli dit Kat (A.S.P.P).

Ce jour superbe voit l’absence du S.C.L pour cette expédition pour cause de désobstruction aux Brégeons. Une sortie prévue depuis longtemps et impossible à déplacer du fait de l’importante organisation déjà réalisée.
Ce sera donc nos amis de l’A.S.P.P qui auront le privilège de découvrir les nouveaux développements de la Galerie des Tétines. Par le travail réalisé dans cette cavité ils l’ont bien mérité.
Il n’existe pas de compte rendu écrit de cette découverte, seulement quelques impressions exaltées que Jean-Marc livre dans un courriel poétique à la communauté spéléo jurassienne et différentes explications passionnées de Jean-No.

Donc après certains aménagements dans les parties étroites d’entrée les spéléos travaillent sur la trémie aval dans laquelle ils s’insinuent sur une bonne hauteur. Cela devenant tangent niveau sécurité, ils se tournent alors vers l’agrandissement du boyau du Siphon d’Argile.
À l’aide d’un demi-bidon de 20 litres, ils dégagent une profondeur au sol suffisante pour permettre le passage du plus fin du groupe.
Sylvain s’engage alors dans le boyau et ses collègues l’entendent alors s’exclamer avant d’entendre ses pas galopant s’amenuiser dans le vide. De retour très excité, il invite ses copains à le retrouver ce qu’ils font tous.
Cet ainsi que le quatuor découvre plusieurs centaines de mètres – mais qui ne sera pas topographié faute de matériel – d’une vaste galerie, d’une cascade venant du plafond, de grands bassins aux vertus vivifiantes dans lequel Sylvain plongera involontairement deux fois. Ils s’arrêtent sur un simple abaissement de galerie encombrée de bloc mais à travers lesquels ils discernent une suite. Également un nouveau nom marquera pour ce développement le passage de l’équipe, ce sera : la Galerie Kit Kat.
Engagés dans un réseau dont ils ignorent tout du système de crue, ils font alors demi-tour. Depuis hier, une alerte orange météo à été déclenchée.
Voici maintenant le texte magnifié de jean-Marc :

La soupape et le Siphon d'ArgileOups !

D'aucuns diraient que ce n'était pas le jour à risquer une pointe aux Cassots mais il y avait déjà ce clignotant de bout de première allumé il y a 15 j , et bien prometteur !

Et comme nos compères de Lons & Co nous ont donné le feu vert, avec l'aval de leur Mister météo ("alerte orange APRES 18 h" !).

Alors les 4 mousquetaires ont saisi leur chance, bafouant les bonnes manières, et vous livrent quelques…400m en tout – et ce ne sera peut-être pas tout – d’une nouvelle branche à l'étrange parcours souterrain, étirant son tracé sur une zone inattendue et toute vierge sur la topo.

La soupape et le Siphon d'Argile

Tandis que sur le terrain on évolue, après les habituels passages bas, serrés et bien gras, dans de confortables galeries contenues par les trémies, c'est le jeu normal.

Il va sans dire que tous n'iront pas s'y mettre pour ramper et se contorsionner, étirer les décas et compas.

Car il faudra, c'est nouveau et souhaitable, rapidement rubaliser pour préserver les décors originaux.

Je disais "oups" pour la pauvre concrétion en forme de soupape.

Chuutt !


Jean-Marc

La pauvre concrétion en forme de soupape que décrit Jean-Marc devait fatalement passée de vie à trépas car en plein dans le passage du Siphon d’Argile. Dommage mais c’est ainsi, l’on ne peut pas tout préserver sinon il ne faudrait plus faire de première.


Déceptions

Lundi 14 juillet 2014

Participants : Jean-No (A.S.P.P) ; Christian Feuvrier dit Fefe (L.A.G.A.F) ; J.P., Vout² (S.C.L).

En ce jour de commémoration de révolution nationale nous nous attendons bien entendu à une révolution du développement de la Borne aux Cassots.
Nous sommes tous fin énervés de découvrir ces nouveaux prolongements et explorer ce qu’il y a au terminus de l’exploration des A.S.P.P.

Certains passages exigus d’accès au réseau ont été bien calibrés. Le puits en expiration à été agrandi dans sa plus petite largeur. Une marche réalisée à l’aide d’un ancien piton téléphone G.S.J a été enfoncé dans une fissure ce qui facilitera la remontée. La boite à lettre de la trémie, n’a plus d’existence car complètement effacée. Cela commence à devenir pas mal.

Dès que nous prenons pieds dans la Galerie des Tétines nous nous dirigeons bien évidemment sans autre forme de procès vers le Siphon d’Argile. Là ! Misère de nous autres ! Un plan d’eau noirâtre occupe tout le fond de la cuvette.
D’après Jean-No, il y a bien un mètre de profondeur d’eau. Il suppose que cette eau est arrivée via le bassin où chute la cascade. Conséquence sans ambigüité des fortes pluies de ces derniers jours. Déjà des indices nous avaient pourtant fait dresser l’oreille. Traces d’argiles crémeuses recouvrant à certains endroits nos anciennes traces, bouteille d’eau déplacée… Donc un mouvement d’eau dans toute la galerie.

Bon, pas de première de ce côté-là, peut-être que la trémie aval nous offrira une bonne surprise ? Tout au long du parcours nous faisons les honneurs de la Dame à Fefe.
Ici aussi nos camardes ont sévis puisqu’ils ont bien progressé en remontant dans les cailloux instables.
Nous ne ferons rien de plus. Au pied de l’éboulis nous avons la surprise de découvrir de la mousse de crue. Cela voudrait donc dire qu’un moment ou un autre au cours de la période de fortes eaux récentes, l’eau est montée jusqu’ici mais sans stagner car les blocs sont tous bien proprets ? Décidément, cette nouvelle partie de la grotte nous offre bien des surprises.
Sur le chemin du retour nous poursuivons la sécurisation de certains passages dangereux et l’aménagement des étroitures, ce qui est un genre de pléonasme car c’est étroit du début du Grenier à la descente dans la Galerie des Tétines.


Samedi 19 juillet 2014

Participants : Jean-No (A.S.P.P) ; Manu, J.P., Vout² (S.C.L).

Ce matin là près de ma maison je trouve un fer à cheval, signe de chance dit-on.

La cascade du Grenier coule encore mais moins que la dernière fois. Là je commence à avoir un doute.

Jean-No et J.P. restent en arrière afin de créer un nouveau passage qui shuntera le Puits de l’expiration. Avec Manu nous filons ventre à terre – de toute façon, pas moyen de faire autrement – voir cette galerie Kit Kat et bien sûr, filer au fond.
Re zut ! Le Siphon d’Argile est encore plein. C’est vraiment décevant mais combien riche de questions. Est-ce une simple laisse d’eau ? Serait-il alimenté par le côté où chute la cascade ? En combien de temps se désamorce t-il ?
Nous attaquons un énergique creusement pas le sol afin de rendre plus confortable nos futurs passages. L’argile colle amoureusement à la pelle U.S mais se libère en gros blocs compacts. Tout en travaillant nous discutons sur l’opportunité qu’il faudra saisir dés que le boyau sera libéré par l’eau à savoir un ferme et définitif agrandissement par la voûte du siphon. Un gros travail certes, mais indispensable pour la poursuite des explorations. Peut-être également la nécessité de prévoir un bidon de survie en permanence derrière le verrou liquide.

Nous retrouvons Jean-No et J.P. au pied de la corde où nous cassons la croûte. Évidemment eux aussi très déçus. Jean-No remarque cependant qu’il y a une petite baisse du niveau par rapport à la dernière fois.
Nous nous rabattons sur la recherche d’un passage dans la trémie aval.

Ce sera 8 mètres de gagnés laborieusement sous les blocs instables. Un gros travail pour aucun résultat, nous avons l’habitude mais avec le coup du siphon le moral en prend un gros coup.
Sur le chemin du retour nous farfouillons dans la moindre étroiture. C’est ainsi que nous découvrons sous un massif stalagmitique complètement recouvert d’argile, un petit bout de boyau dans le prolongement de la grande galerie.
Retour au soleil en passant par le nouveau conduit fraichement créé. Rude mais agréable ce passage, fini le puits étroit à franchir en expiration. Encore quelques petits aménagements de confort et ce sera presque parfait.

La morale du jour pourrait être celle-ci :
« L’action n’apporte pas toujours le bonheur, mais il n’est pas de bonheur sans l’action ».
B. Disraeli


Vendredi 22 août 2014

Participants : Jean-No (A.S.P.P) ; Manu (S.C.L).

Les précipitations de cet été très humide ne nous ont pas laissé la possibilité d’approfondir la découverte de la galerie Kit Kat. Le Siphon d’Argile est et reste toujours fermé.
Son niveau semble stable mais il fluctue avec des hausses et des baisses rapides en fonction des précipitations. Ce qu’en attestent certains indices ; la crème d’argile à chaque fois déposé ainsi que le remplissage du demi-jerrican coincé sous la paroi. Toutefois il reste quelques « bricoles » à vérifier dans la Galerie des Tétines. Sages digressions qui nous permettent de ronger notre frein en attendant le grand jour. Et puis, le délire aidant, n’est-ce pas une façon pour notre allumeuse de grotte de dire :
- « Je veux bien vous dévoiler la suite mais il faut d’abord terminer cette partie ».

Parmi ces hors d’œuvres il y a la visite de cette cheminée entrevue lors de notre première exploration. On ne sait jamais, peut-être existe-t-il un shunt par une galerie supérieure ?
C’est ce, à quoi vont s’atteler aujourd’hui Jean-No et Manu. Le premier rentré bien affûté de vacances évidemment spéléologiques. Le second justement venu en vacances dans le Jura, tout exprès pour cette découverte.

Avec Jean-No en pointe et Manu en équipier de sécurité, débute une escalade naturelle dans une diaclase qui s’ouvre au plafond de la galerie et proche de la trémie aval. De temps à autre le premier de cordée fiche quelques goujons afin d’assurer sa sécurité. En dessous, Manu assure ferme. Il ne s’agit pas de plaisanter ici.
8 mètres plus haut, le grimpeur butte sur un pincement des parois mais au-delà, le faisceau de la lampe dévoile un élargissement prometteur. Il conviendra bien sur d’élargir pour vérifier, mais pas aujourd’hui. L’équipement adéquat n’étant pas dans les kits du jour déjà bien lestés.


Dimanche 24 août 2014

Participants : Jean-No, Jean-Marc Frey (A.S.P.P) ; J.P., Vout² (S.C.L).

Quatre participants, cela veut dire deux équipes :
L’une à l’agrandissement de l’étroiture verticale. En espérant découvrir un shunt supérieur au Siphon d’Argile. C’est Jean-No et Jean-Marc qui s’y collent.
L’autre aux agrandissements des étroitures du boyau d’accès au réseau. Nous nous en occuperons J.P. et moi.

Cette dernière mission s’impose pour le cas ou la première équipe n’obtienne pas le résultat escompté.
Sans verser dans un optimisme délirant sur une fantastique suite, il devient en effet, de plus en plus évident que les passages vont se succéder dans cette partie nouvellement découverte, ne serait-ce que pour effectuer les travaux nécessaires à l’aménagement de la voûte du siphon.
Au bas mot, c’est environ 15 mètres de long sur 1 mètre d’épaisseur de roche qu’il faudrait extraire afin de libérer un honnête passage vers la suite. Avec les petits moyens dont nous disposons cela veut donc dire de nombreux voyages qui deviendront vite fastidieux sans emménagements de confort.

Bon derniers, nous montons tranquilles vers notre chantier. Loin devant courent les « énervés ».
Tout d’abord, il convient de calibrer à des dimensions raisonnables le tout début du boyau d’accès.

Moitié dans le vide, moitié engagé, le travail n’est pas évident dans cette première partie. Il faut également compter avec les inévitables montés et descentes afin de dégager les déblais obtenus.
Deux accus, deux heures et un casse-croûte plus tard, le bombement rocheux de deux mètres est gommé. J’ai ma dose mais sans fausse modestie c’est du beau boulot.
J.P. se charge ensuite d’effacer quelques reliefs au sol. C’est toujours cela que n’accrochera pas le kit. Nous replaçons également plus haut le début de l’amarrage de la verticale du Grenier. Cela évitera dans le sens de la sortie, de se laisser glisser tête la première dans le vide en se longeant au passage sur la boucle de départ ; c’est plus sécurisant.
Bien sur tout n’est pas fini, il reste encore beaucoup de resserrements à traiter mais ce sera pour une prochaine fois. Nous avons le temps, il n’est pas annoncé de sécheresse pour ces derniers mois.

Nous partons ensuite à la rencontre de nos coéquipiers qui sont peut-être engagés dans une belle première ; c’est agréable de rêver ! Au passage, je fais l’inventaire des travaux à effectuer. Sans doute une à deux séances et nous devrions arriver à nos fins.
Inutile de descendre dans la galerie des Tétines, nous rencontrons nos grimpeurs au débouché de la boite à lettre.

Un travail ardu et épuisant que l’élargissement de cette étroiture verticale, mais le résultat est là. Pas de première horizontale certes, mais :
- « La découverte d’une belle cheminée légèrement arrosée (?) dont le sommet se perd dans une brume impossible à percer même avec les Scurions (?) et qui a un courant d’air se dirigeant vers le haut (?) ».

Encore des questions avec cette cheminée des Énervés, en particulier celle concernant ce courant d’air aspirant ce qui serait normal en hiver mais là, nous sommes en été !
Aurons-nous la réponse à la prochaine sortie ?


Jubilation

Samedi 30 août 2014

Participants : Jean-No, Jean Marc Frey, Angoulême (A.S.P.P) ; Christian Feuvrier, Olivier Jeanningros (L.A.G.A.F.) ; J.P., Manu, Johan, Vout² (S.C.L).

Neuf spéléos à l’entrée de la grotte. « Ça va taper ! » comme dit Jean-No.
Nous nous répartissons les chantiers :
Une équipe pour terminer l’escalade de la cheminée des Énervés ; Jean-No, Jean-Marc et Angoulême.
Une équipe à l’aménagement du siphon d’Argile ; Fefe, Olivier, Johan et J.P.
Et une autre à l’agrandissement des passages d’accès ; Manu et moi.

La cascade du Grenier ne coule pratiquement plus. Aaah ! Manu et moi nous nous regardons les yeux pétillants ; serais-ce un signe positif ?

À plat ventre dans le boyau d’entrée m’arrive le mot d’ordre :
- « Le siphon est ouvert ! ».
- « ??? ».
- « C’est une blague ? ».
- « Jean-No demande que l’on descende tout le matériel ! ».
- « Même son perfo qu’il ne veut pas saloper dans le siphon ? ».
- « Vouiiii ! ».
Alors non, ce n’est pas une blague. Du coup une bouffée d’adrénaline s’empare du bonhomme et il fonce comme il peut vers le tant désiré rendez-vous.

Dans la galerie qui précède le siphon nous nous retrouvons tous les neuf, alignés tels les acteurs de la Grande Évasion, dans un brouillard aux remugles sauvages que le faible courant d’air à bien du mal a dissipé ; c’est dantesque.
Jean-No calme les ardeurs aventurières :
- « Nous avons intérêt à travailler sur le siphon maintenant qu’il est vide, ce sera ainsi plus confortable de passer sans trop ramper dans la gadoue. De plus, vu sa stabilité, quand il sera plein, il devrait rester un passage libre. Et puis, aujourd’hui il y a des bras et ça ne devrait pas trainer ! ».

Les blocs extraits du plafond et parfois du plancher ainsi que les bidons d’argile bien collante arrivent sans interruption par la chaine humaine. Le dernier maillon construit sur le bord de la galerie une jolie citadelle genre Vauban. Tant pis pour la banquette d’argile vierge ; il faut choisir.
Du coup, en un rien de temps le passage devient beaucoup plus aisé bien que notre Jean-No trouve que ça manque encore de place.

Ça y est, je franchi enfin le barrage qui a hanté beaucoup de mes nuits et occupé autant de mes rêves. Tête la première j’arrive dans une bauge à sanglier suffisamment vaste pour m’y accroupir ; c’est le fond du siphon. Ensuite une petite marche et hop on est sorti. Jean-No attaque déjà ce côté à coup de perfo. J’entends au loin un second outil entrer en action.
- « Ils placent une main courante au-dessus de la première piscine ; vas-voir ! ».

Les DreadlocksJe ne me fais pas prier. La galerie, au débouché du siphon, se défile brusquement sur la gauche c'est-à-dire dans le prolongement longitudinal Nord du Grenier. J’évolue dans un siphon asséché mais qui doit souvent se remplir au vu des dépôts d’argile de décantation en forme de dreadlocks sur le concrétionnement environnant. Les lignes de niveaux nettement marquées indiquent approximativement trois mètres de mise en charge.
Debout, j’avance dans une galerie où les concrétions habillées d’argile font place à un décor plus propre. Au sol des gours actifs et soudain, devant moi, LA cascade ! Ce n’est pas les chutes du Niagara, non. Mais ce n’est pas non plus un pipi de rhinolophe. C’est plutôt une sorte de généreuse grosse averse qui trempe copieusement tous ceux qui passent dessous.

Les dreadlocks

Cet actif provient d’une diaclase sur notre gauche. Il semble qu’une grande partie de l’eau se précipite dans deux profonds bassins mais que le trop plein qui en résulte et qui disparait dans une perte du plancher, n’a aucun rapport en terme de volume avec le débit d’alimentation. Alors ! Où passe le reste ?
J’ai aussi l’impression que cet ex-verrou liquide – aujourd’hui – que nous avons franchi, se vidange rapidement mais que celui qui nous interdit le passage – le siphon d’Argile – ne suit pas le mouvement. Ce dernier serait donc un siphon suspendu ?

Johan et Manu viennent d’achever la pose de la main courante sur le deuxième bassin. Aussitôt, la troupe se précipite sauf Fefe et Olivier qui viennent de nous quitter à cause d’un rendez-vous extérieur à ne pas manquer.
Très amusant le passage des deux bassins dont nous ne voyons pas le fond et pour cause. Des spéléos indélicats se sont trempés dedans et tout est uniformément jaune argile. Cela donne l’apparence d’une innocente flaque d’eau mais cet aspect est bien trompeur car si un Jean-No trempe dedans, le niveau atteint rapidement les épaules.

Une belle galerie rectiligne se développe ensuite devant nous. Sans entraves, nous en parcourons allègrement plusieurs dizaines de mètres.
Plus loin, notre couloir se transforme en large galerie de 5 à 6 mètres, mais sur une faible hauteur nous obligeant à nous courber, parfois à avancer à quatre pattes ou à ramper entre deux dalles.Concrétions sans dreadlocks

Conrétions sans dreadlocks

Une double fissuration filant dans le sens de la progression a, par endroits, provoquée l’affaissement sur une grande longueur d’importants compartiments rocheux. Cela a pour effet de séparer la galerie en deux parties paraissant bien distinctes.
Nous retrouvons en ces lieux, le style Borne aux Cassots ; une galerie au sol formé de masses effondrées et sa voûte en équilibre instable avec ses blocs semblant prêts à choir sur l’audacieux téméraire. Impossible de trouver un quelconque sens de circulation des eaux dans ce paysage.

Bientôt, nous buttons sur un important affaissement du plafond occupant toute la section de la galerie. C’est le terminus de la dernière expédition.
Mes compagnons furètent partout entre les blocs dans l’espoir de trouver un chemin qui nous permette de poursuivre cette belle aventure. Mais hélas ! Aucunes tentatives ne débouchent sur une suite probante.
À vue de nez nous avons bien parcouru 200 mètres. Si cette mesure s’avère exacte nous devrions être pas loin du bout de la galerie des Étoiles à moins que la direction que nous suivons ne coïncide pas. Nous verrons cela à la topographie.

Après les Douches

 

Aprés les Douches

En attendant, nous faisons demi-tour en scrutant chaque recoin pour le cas ou un départ nous ait échappé. Seule une petite cheminée attire notre attention. Rien qui semble important mais on ne sait jamais. Nous verrons cela un autre jour.

Aux Douches, sous le flot rafraichissant, j’emboite le pas à Manu qui s’est lancé dans la découverte de cette partie active. En fait, c’est toute la diaclase qui est arrosée. Plus loin, afin de poursuivre il faudrait engager une escalade en opposition sous l’averse.
Trempé, je n’insiste pas car avec la fatigue en handicap supplémentaire le pépin est vite arrivé. Nous attendons Manu qui semble s’être engagé bien plus avant.

Nous commençons à nous peler sérieusement quand enfin notre explorateur daigne revenir. Il s’est arrêté dans son escalade sur un pas un peu limite. Sans sécurité il n’a pas insisté mais a bien enregistré tous les détails de l’obstacle afin de se munir du matériel adéquat pour la prochaine fois.

Rendez-vous devenant habituel à Lavigny devant un « Gaulois » afin d’arroser dignement cette première. Si cela devient une habitude il faudra regonfler les stocks.


 


Chantiers en cours

Contexte

Cette trémie située au bout de la galerie « sous le Crocodile » semble être un point d’accès pour la suite du réseau Alain. La topographie de la cavité montre que cette trémie est positionnée sur le côté ouest de la trémie terminale du réseau Alain. Dans la logique du pendage de la cavité nord-nord-est, cette trémie pourrait permettre de déboucher dans la suite du réseau au-delà du chaos Alain.
La trémie des Soumardeurs, d’après un calcul de Michel Menin, est située 30 mètres au-dessus du niveau de la rivière en bas du chaos Alain. Le point haut du chaos Alain est situé environ 10 mètres en-dessous de la trémie des Soumardeurs.

Historique des travaux

Les travaux dans cette trémie débutèrent à la fin des années 70 par le GSJ mais furent rapidement abandonnés en raison de la dangerosité de cette trémie en forme de cloche. Quelques spéléos ont visité cette trémie sans mettre en œuvre de travaux importants.
En 2009, Michel Menin (GSJ) et Christian Vuillemin (SCL) décident de reprendre ce chantier. Après 3 séances en février et mars, la trémie est déstabilisée et les blocs et cailloutis peuvent être déblayés afin de permettre d’aménager un espace de travail.

Début du chantier – année 2009 (9 séances)

Après les 3 premières séances, 6 autres sorties étalées sur 2009 mobilisent quelques spéléos du SCL et Michel Menin dans l’espoir de passer rapidement l’obstacle.
Pour la sixième séance de travail en mai, nous emportons jusqu’au chantier la benne (ou luge) confectionnée « sur mesure » par Michel afin de permettre une évacuation plus facile des blocs et cailloutis qui descendent de la trémie.

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Les séances s’enchaînent avec toujours la même technique :
- 1 spéléo en pointe avec un pied de biche adapté pour « titiller » la trémie depuis une « loge » à l’abri des chutes de pierre ;
- 1 spéléo prêt avec le bigot à remplir la luge pour évacuer les blocs ou cailloutis (le soumardeur) ;
- 1 ou 2 spéléos pour tirer la luge jusque vers la galerie où l’on entrepose les gravats.

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Chacun se relaie à ces différents postes de travail et, lorsqu’on a la chance d’être 4 ou 5 présents, l’un d’entre nous s’occupe du rangement des matériaux déblayés.

La routine de la désobstruction – années 2010 et 2011 (5 séances)

Les petits et gros cailloux continuent de dégringoler et les répliques au-dessus de nous continuent de nous faire rêver à de grands espaces.
Quelques blocs sont délités avant d’être transportés et rangés dans la galerie à l’arrière de la trémie. Petit à petit des murs sont édifiés autour du chemin de la luge. Entre les premières séances où les matériaux étaient propulsés dans des vides et les séances actuelles, le travail réalisé est nettement visible.
Ce chantier de désobstruction attire désormais d’autres spéléos d’autres clubs qui viennent participer à cet effort collectif : SCSC, LAGAF, GRSP, ASPP.

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Autre signe de la progression du chantier, le courant d’air est perceptible à chaque désobstruction mais nul n’a encore pu voir un vide à travers les blocs coincés de la trémie.

Des répliques moins lointaines, des séances plus espacées – années 2012, 2013 et 2014 (5 séances)

Le chantier attire de nouveaux curieux du SC Chablis, SCSC, ASPP, GRSP et LAGAF. Quelques spéléos attirés par cette désobstruction reviennent une deuxième fois.
L’impression générale tend vers une stabilisation des effondrements au-dessus de nos têtes. Ceci pourrait être le signe d’un chantier qui pourrait être proche de voir une issue favorable.
Le rituel est toujours le même. Les techniques s’affinent mais la corvée est toujours difficile. Les murs continuent de grandir et la hauteur de plafond de la galerie dans laquelle nous rangeons les matériaux continue de diminuer.
En 2013 et 2014, 1 seule séance chaque année. Le club se tourne vers d’autres priorités et une certaine lassitude s’empare des soumardeurs face à l’ampleur du travail.

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Christian "châtouille" la trémie

Les « soumardeurs » en quelques chiffres

19 séances de désobstruction soit plus de 800 heures de travail (pause réglementaire incluse).

28 spéléos différents ont participé 1 ou plusieurs fois, provenant de 6 clubs différents.

Environ 800 bennes transportées avec entre 80 et 100 kilos par benne.

Environ 62 tonnes de matériaux soutirés et évacués.

Environ 50 mètres cubes de matériaux.

4 bigots, 3 barres à mines et quelques dizaines de petites pailles remplies de poudre.

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Trémie instable

Les perspectives

L’hypothèse optimiste consiste à dire que 5 mètres de matériaux sont déjà descendus et qu’il reste encore environ 10 à 15 mètres cubes à soutirer, dont de probables gros blocs que l’on devine lorsque la trémie s’équilibre en cloche. Quelques séances seront alors suffisantes pour enfin apercevoir une trémie dégagée au-dessus de nos têtes.
Des hypothèses plus pessimistes peuvent émerger :
- un risque de blocs qui ne passent pas la trémie et deviennent dangereux pour la poursuite du chantier ;
- une impossibilité de passage après ouverture en raison de l’instabilité de la trémie ;
- une sous-estimation du volume qui reste à soutirer et la difficulté croissante de stocker les matériaux.

D’après les calculs sur report topographique, la galerie située au-dessus des « soumardeurs », s’il s’agit bien de la suite du réseau Alain, serait alors à environ 800 mètres à vol de chauve-souris de l’aplomb de la perte de la Mare du Chêne.
Rappelons que la coloration réalisée par le SCL avec le concours de Pascal Reilé en juin 2007 démontrait que le colorant injecté à la perte de la Mare du Chêne arrivait en moins de xxx heures dans le collecteur principal de la Borne aux Cassots.

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Michel face à la trémie